Les films de Miyazaki ont acquis un prestige dans l’esprit de nombreux parents. Regarder un anime de cette collection ouvre toujours la porte d’un univers foisonnant.
Totoro a toujours été un émerveillement pour ma grande depuis son premier visionnage. On y revient toujours, et à 10 ans elle insiste pour voir le reste de la filmographie. Et pour avoir un vrai Totoro à la maison.
Mais voilà : à quel âge peut-on vraiment montrer les films de Miyazaki à ses enfants sans se tromper ? Après avoir fait découvrir plusieurs films du Studio Ghibli à mes enfants, voici ce qui a marché chez nous, les films qui ont conquis toute la fratrie, et les pièges à éviter selon les titres.
Pourquoi les âges recommandés ne racontent pas tout

Les classifications officielles donnent un cadre, mais les thématiques peuvent être un peu rudes. Prenons Le Château dans le ciel : souvent recommandé dès 6-7 ans, sauf que le côté guerre, surtout sur la fin, rend ce choix discutable. Princesse Mononoké est le plus compliqué à visionner : présenté pour 12 ans et plus, il contient des scènes assez brutales dès le début, avec un joyeux mélange de monstres répugnants et de pillages massacrants.
Totoro, lui, a un rythme assez particulier qui surprend et fonctionne très bien avec les enfants. Avec ce décalage entre les âges affichés et la réalité du canapé, mieux vaut commencer par les films qui ont vraiment fait leurs preuves.
Les premiers films qui marchent à tous les coups

Dans notre famille, on a d’abord regardé ces trois films : Mon voisin Totoro, Kiki la petite sorcière et Ponyo sur la falaise. Depuis le premier visionnage, Totoro s’est transformé en doudou audiovisuel. Ne sous-estimez pas les plus jeunes qui vont se retrouver devant une œuvre plus lente, mais qui va générer un réel imaginaire.
Kiki la petite sorcière a toujours été très apprécié pour les tribulations d’une jeune sorcière dans un monde sans magie. Montrez-le avant 6 ans sans problème. C’est un beau petit voyage, agréable et parlant aux enfants comme aux parents.
Ponyo sur la falaise est parfaitement adapté aux petits, qui l’adorent, même si, personnellement, je ne l’aime pas beaucoup (et cette scène du bébé et son biberon !).
Ces deux films, Totoro et Kiki, sont émouvants et reposants, avec un rythme particulier et agréable. Ils sont parfaits pour commencer avec des enfants jeunes, et pour le coup je suis les recommandations habituelles d’âge.
Toute la famille se retrouve avec bonheur devant ces films et leur univers si particulier. Venant du Studio Ghibli, j’ajouterais au moins Le Royaume des chats. Les chats, ça marche toujours, surtout avec ma dernière.
Les films qu’on garde pour plus tard

Le Château dans le ciel reste dans les cartons même si on le conseille dès 7 ans : avec sa fin faite de guerre et de destructions massives, ce sera pour plus tard. Le Voyage de Chihiro et Porco Rosso, ce sera pour 10 ans, pour permettre une meilleure compréhension de l’histoire et ses enjeux. J’ai toujours eu une appréhension sur une mauvaise compréhension d’une histoire liée à un manque de maturité, qui mettra du temps à se dissiper. Il est drôle, le cochon de Porco Rosso, mais pas que ! Les autres films ont été promis pour le début de l’adolescence, pas avant.
Évidemment, chacun fait comme il le souhaite, mais les enfants ont une vie entière pour les revoir encore et encore. Je préfère éviter les cauchemars ou forcer une réalité encore loin de leur enfance.
Dans notre cas, le plus dur, c’est de gérer 4 enfants et 3 tranches d’âge. La grande veut accélérer l’accès aux autres films, mais le deuxième a 7 ans, et c’est trop tôt pour aller sur Le Voyage de Chihiro. Il faut donc trouver un moment où elle pourra regarder sans ses frères et sœur.
Pourquoi choisir Miyazaki plutôt qu’autre chose

Quand on cherche une alternative aux classiques Disney ou aux productions en 3D survoltées, le cinéma de Hayao Miyazaki s’impose comme une évidence. C’est une valeur sûre, d’une richesse incroyable, que l’on sous-estime encore trop souvent pour les enfants.
Reste que les univers de Miyazaki sont une porte ouverte à un monde de jouets, livres, affiches, peluches et figurines au prix d’objets de collection, mais je préfère largement investir dans une œuvre de Miyazaki que dans un énième jouet Pat’Patrouille.
Une chose est sûre : à chaque visionnage, la magie opère. C’est beau, captivant et profondément apaisant.
Résumons les âges de visionnage en tableau
Je vous propose ce petit résumé des œuvres et des âges de visionnage communément retenus dans les classements des films de Miyazaki.
| Film | Année | Âge conseillé | Thématiques clés | Points de vigilance / Sensibilité |
| Mon voisin Totoro | 1988 | Dès 3-4 ans | Nature, enfance, fraternité, imaginaire | Aucun. Récit doux et rassurant. |
| Ponyo sur la falaise | 2008 | Dès 4 ans | Amitié, océan, magie, transformation | Tempête impressionnante mais visuels très colorés. |
| Kiki la petite sorcière | 1989 | Dès 6 ans | Indépendance, confiance en soi, grandir | Moments de doute du personnage, très bienveillant. |
| Le Château dans le ciel | 1986 | Dès 7 ans | Aventure, pirates, robots, cité perdue | Scènes d’action, armes et poursuites rythmées. |
| Le Voyage de Chihiro | 2001 | Dès 8-9 ans | Monde des esprits, courage, identité | Transformation des parents, esprits étranges (Sans-Visage). |
| Le Château ambulant | 2004 | Dès 9 ans | Guerre, métamorphose, amour, vieillesse | Ambiance de guerre, monstres d’ombre, univers sombre. |
| Porco Rosso | 1992 | Dès 9 ans | Aviation, antifascisme, nostalgie, humour | Contexte historique et mélancolie mieux compris vers 9-10 ans. |
| Le Garçon et le Héron | 2023 | Dès 10 ans | Deuil, monde onirique, filiation | Atmosphère étrange, blessure à la tête, récit complexe. |
| Nausicaä de la Vallée du Vent | 1984 | Dès 10-11 ans | Écologie, post-apocalyptique, guerre | Insectes géants effrayants, violence des combats. |
| Princesse Mononoké | 1997 | Dès 12 ans | Nature vs industrie, dieux, écologie | Scènes sanglantes (membres coupés), créatures corrompues. |
| Le vent se lève | 2013 | Dès 12 ans | Histoire, aviation, maladie, guerre | Biopic réaliste, pas d’action, thèmes tristes/adultes. |

Vos commentaires