Critique et analyse du film Superman – Man of Steel

11 Juil 2013 | Cinéma

Étant pourtant amateur de comics DC (édition New 52 pour être précis), je dois avouer que Superman n’est pas mon personnage préféré, même si, au fil de mes lectures, j’éprouve plus d’intérêt pour lui.

Superman, ou le fantasme américain de surpuissance, gardien de paix et de justice

Man of steel critique

Dans le comics Batman « Silence », l’homme chauve-souris, son ami, disait : « On ne va pas à Métropolis sans être préparé à lui. ». Je pense qu’il en va de même pour juger un film sur l’homme d’acier, car sous l’image lisse et lumineuse du héros, se cache une symbolique beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît. Si vous questionnez votre entourage, la majorité des gens diront préférer Batman par exemple, spécialement en France. Superman, fort symbole américain, rencontre une barrière culturelle évidente de par la méfiance que l’on peut avoir envers nos puissants voisins.

Car oui, Superman de DC comics est une vision de l’Amérique, un héros, mélange de figure messianique (son prénom kryptonien Kal-El signifie d’ailleurs en ancien hébreu: «Tout ce qui est Dieu») mêlé à un fantasme de surpuissance, gardien de paix et de justice dans le monde, un idéal qui transcende l’homme et qui ne pouvait donc être incarné que par un étranger, un alien oui, mais à l’image de l’homme et du rêve américain, baigné par ses valeurs les plus candides et pures, chargé de donner au peuple de l’espoir, de les conforter dans une sensation de victoire sur les forces du vieillissement et du mal comme dirait Hunter S. Thompson.

Zach Snyder repense Superman

zod man of steel

Au-delà, de son symbolisme, je pense que Superman est un personnage extrêmement compliqué à adapter en film, par la difficulté de ne pas tomber dans le cliché tout d’abord, par sa nature surpuissante et démesurée bien sûr, mais aussi par son histoire, sa double facette Superman/Clark Kent étant extrêmement difficile à mettre scène à l’écran sans tomber dans le ridicule. (J’oublie aussi le costume bleu moulant et la cape rouge).

Alors ce film de Zach Snyder ? Après les très réussis, « L’armée des morts » et « Watchmen », le sympathique « 300 », le raté « Sucker Punch », j’étais très curieux de ce qu’allait donner ce film.

Les précédentes adaptations de Superman ne m’ont jamais convaincu, j’avais trouvé Superman Returns de Bryan Singer particulièrement ridicule. Marvel a redonné du crédit aux films de super héros en faisant des blockbusters divertissant, pas prise de tête sans être trop con. Étant super fan de Batman, j’attendais aussi beaucoup des films de Nolan, et même s’il y avait des choses intéressantes, je n’ai pas du tout aimé son style, j’ai trouvé Batman Rises spécialement raté, ce qui me faisait d’ailleurs un peu peur pour Man of Steel que nombre de médias n’arrêtent pas de rapprocher avec les films de Nolan (à tort). Appréhension.
Audacieux, et un peu déconcertant de prime abord, c’est ce qui me vient à l’esprit pour décrire mes premières impressions sur les choix scénaristiques de Zach Snyder. Superman et son alias Clark Kent ? Balayé. La notion d’identité secrète du super héros vole ici en éclats. La romance Superman/Loïs ? Zach a choisi de ne pas s’attarder dessus, ne développant leur relation que très subtilement, voir trop. Il est vrai que c’est un parti pris assez osé et je ne sais pas si tous les fans (ou sans doute je ne le suis pas assez) l’ont pris aussi bien que moi.

Parce que oui, bizarrement ça ne m’a pas dérangé. L’essence du film est ailleurs, et s’attarde plus directement sur le symbolisme du héros et sa dimension mythologique dans notre époque. Pour ce qui est de cette approche, je ne pouvais être qu’enthousiaste donc.

Le film man of Steel en détail : la puissance en image !

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Après un prologue très intéressant, ambiance « space opera » dont le style baroque m’a beaucoup fait penser à Dune de David Lynch, avec une pointe de fantasy bien dosée, le film s’attarde sur notre héros, errant dans notre monde à la recherche de lui-même et de la place qu’il peut avoir, ainsi que sur sa jeunesse par différents flash-back, un voyage initiatique qui donne au film toute l’ampleur symbolique du comics. La suite est un peu surprenante par son enchaînement scénaristique un peu chaotique.

Comme je l’ai un peu expliqué au-dessus, Zach Snyder ne s’est pas encombré de certaines difficultés scénaristiques pour aller à un moment de son film directement vers l’action, en se permettant même de faire des ellipses qui pourraient en déstabiliser plus d’un. Du voyage initiatique du jeune homme un peu perdu, on arrive abruptement à un Superman, sa découverte de son passé, son costume, l’héritage de son père, jusqu’à l’apparition de la menace qui va peser sur la Terre, lié directement à ses origines.

analyse superman

Fini donc la quête du jeune Clark Kent, le film laisse place à la puissance, la vraie, celle qui me faisait rêver quand je regardais Dragon ball Z dans ma jeunesse. Et là je dois dire que les effets spéciaux m’ont bluffé. Des années que j’attendais ça. Le film Avatar, censé être une révolution, m’avait tellement déçu, Matrix avait été un premier pas en la matière (scène de combat de Néo dans le 3) mais ce n’était pas impeccable. Man of Steel lui m’en a mis plein la vue. Alors bien sûr, le film aurait pu nous épargner quelques répliques à la con, le méchant du film manquait d’un vrai charisme mais bon sang, ce déchaînement spectaculaire m’a fait du bien. Enfin, il aurait pu MAIS une chose m’a quand même bien pourri le film : le son et la 3D. Mais bon sang, il faut qu’ils arrêtent avec ça, quand un immeuble explose toutes les 5 secondes et que ça bouge dans tous les sens, le combo « Son qui t’explose les tympans » et « 3D qui te fout la gerbe », bonjour la migraine, ça a vraiment été un facteur extrêmement désagréable.
En conclusion, je dirais que Zach Snyder s’en est très bien sorti, les costumes et décors sont magnifiques, tous les acteurs excepté le méchant Zod sont parfaits, la construction scénaristique un peu chaotique pourrait en déstabiliser quelques-uns, les ultra fans pourraient être déçus de quelques aspects dont le réalisateur a fait le choix d’éviter afin de faciliter la trame. Je suis habituellement pas super fan des blockbusters spectaculaires (genre Transformers, beurk) mais là j’ai pris une bonne claque en matière d’effets spéciaux. Je rajouterai que la BO est magnifique.

Source des images : http://manofsteel.warnerbros.com